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Comment gérer et prévenir le diabète sucré du chat ?

Comment gérer et prévenir le diabète sucré du chat ?

Article publié le : 20/12/2022

Le diabète sucré est une maladie endocrinienne ou hormonale connue chez l’humain mais pouvant aussi toucher les chats, et plus particulièrement les seniors souffrant de surpoids. C’est une affection fréquente qui peut s’avérer difficile à comprendre. La prise en charge thérapeutique est également complexe et nécessite un suivi régulier de l’animal chez le vétérinaire. Voici quelques explications pour éclaircir cette pathologie, savoir reconnaître les premiers signes, comprendre la mise en place du traitement et appréhender le pronostic à long terme.

Qu’est-ce que le diabète sucré chez le chat ?

Le diabète sucré du chat est une maladie secondaire à une anomalie du métabolisme des sucres, à l’origine d’une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire un taux de glucose dans le sang trop élevé. Cette affection ressemble au diabète de type II chez l’Homme.

La glycémie à jeun d’un animal sain est censée être comprise entre 0.6 et 1.1 g/L. Au-delà de 2.2 g/L, l’hyperglycémie est confirmée.

L’insuline est une hormone produite par des cellules spécifiques situées dans le pancréas, c’est la seule de l’organisme capable de diminuer la glycémie, car elle permet aux différents organes d’absorber le glucose qui fournit de l’énergie aux cellules.

Au début de la maladie, le taux de sucre sanguin est constamment trop élevé. Pour compenser, la sécrétion d’insuline augmente pour essayer de diminuer l’hyperglycémie. Mais petit à petit, le pancréas va s’épuiser et en parallèle les cellules du corps deviennent résistantes à l’insuline : c’est ce qu’on appelle l’insulinorésistance. À ce stade, le glucose étant présent en trop grande concentration dans le sang, il va fuiter par les reins et les urines.

Le diabète sucré survient généralement chez les chats de plus de 8 ans, souffrant d’obésité, ayant un mode de vie sédentaire et sans activité physique. Les chats obèses ont 4 fois plus de chances de devenir diabétiques que ceux ayant un poids normal.

Des facteurs génétiques peuvent également intervenir, ainsi que certains médicaments, par exemple les traitements longs à base de corticoïdes ou de progestatifs. Des pathologies, telles que la pancréatite, peuvent aussi induire une insulinorésistance.

Les mâles castrés sont les plus touchés. La race Burmese est également plus à risque.

Il existe également un autre type de diabète bien différent et beaucoup plus rare que nous allons quand même mentionner : il s’agit du diabète juvénile ou de type I, secondaire à un défaut de sécrétion d’insuline par le pancréas, qui touche les jeunes chats. Les symptômes et la prise en charge sont quasiment identiques. 

Quels sont les symptômes évocateurs ?

Les symptômes sont directement liés à l’incapacité des cellules à absorber du glucose et donc à produire de l’énergie. On a donc une hyperglycémie, qui se traduit par divers signes cliniques, assez similaires que chez l’Homme :

- Augmentation de la fréquence des urines et de la prise de boisson : le glucose dans le sang est éliminé dans les urines, ce qui augmente le débit urinaire, et le chat boit plus pour compenser car il se déshydrate. Parfois cela peut être assez marqué : l’animal passe son temps à boire, et urine partout dans la maison car il n’arrive pas à se retenir. C’est ce qu’on appelle la polyuro-polydipsie. Les urines peuvent être « collantes » à cause de la présence de sucre en grande quantité.

- Perte de poids : le défaut d’insuline diminue l’utilisation du glucose par les tissus, l’énergie est donc puisée dans les graisses et les protéines, entraînant un amaigrissement.

- Augmentation de l’appétit : le manque d’insuline empêche le stockage et l’utilisation du glucose donc le chat a toujours la sensation de faim. Le chat mange beaucoup, mais maigrit !

- Faiblesse musculaire, troubles locomoteurs (n’arrive plus à sauter sur les meubles, marche « sur les talons »), fatigue, pelage terne et de mauvaise qualité, dégradation de l’état de santé général

- A long terme, des infections urinaires peuvent apparaître.

 

Une complication sérieuse à redouter

Une complication sérieuse du diabète sucré est l’acidocétose diabétique. Les modifications métaboliques sont à l’origine de la formation de corps cétoniques acides, qui vont changer les paramètres du sang (notamment le pH) et provoquer des désordres graves sur tout l’organisme. Les symptômes sont donc assez sévères : vomissements, anorexie, fatigue extrême, essoufflement, coma.

 

Comment confirmer le diagnostic ?

Divers examens réalisés par votre vétérinaire pourront confirmer la suspicion de diabète, en particulier des analyses de sang et urinaires. Un taux de glucose élevé dans le sang ne permet pas de confirmer la maladie car le chat présente souvent des hyperglycémies secondaires au stress. C’est pourquoi il est nécessaire de vérifier la présence de sucre dans les urines, et/ou de doser un paramètre sanguin appelé les fructosamines, qui sont des sucres lents et reflètent donc la glycémie moyenne sur les dernières semaines.

D’autres examens pourront être réalisés pour chercher une éventuelle pathologie associée : pancréatite, infection urinaire...

 

Quelle est la prise en charge thérapeutique ?

L’objectif du traitement est de contrôler les symptômes, rétablir une bonne qualité de vie et de prévenir l’apparition de complications telle que l’acido-cétose.

Une fois le diagnostic posé, le traitement repose sur des injections d’insuline, qui permettent de faire baisser la glycémie. Elles seront réalisées une à deux fois par jour, à heure fixe, selon les indications de votre vétérinaire. C’est une thérapie assez contraignante, car l’oubli d’un jour peut avoir de fortes répercussions. Il faut donc pouvoir s’organiser correctement pour la bonne réalisation des soins.

Les injections se font par voie sous-cutanée avec des aiguilles très fines. La dose à administrer vous sera indiquée par votre vétérinaire, et sera à adapter en fonction de la réponse de l’animal. Il vous montrera comment procéder de manière correcte.

Si jamais vous n’êtes pas sûrs d’avoir correctement réalisé l’injection, ne la refaites pas : 2 injections d’affilée peuvent conduire à une hypoglycémie très grave.

La réponse au traitement insulinique est généralement satisfaisante, mais nécessite souvent des ajustements de dose. C’est pourquoi des visites de contrôle régulières seront à réaliser : soit en clinique où le chat est hospitalisé sur une journée afin d’effectuer plusieurs mesures et obtenir une courbe de glycémie, soit à la maison en utilisant un capteur placé sur la peau de votre animal et qui permet de mesurer son taux de glucose à n’importe quel moment. C’est un investissement vraiment intéressant qui permet de réaliser des mesures à domicile, sans stress pour l’animal et avoir donc des résultats plus fiables.

L’alimentation joue également un rôle important. Des mesures diététiques doivent être mises en place afin d’obtenir une perte de poids progressive pour les diabétiques de type II, avec une alimentation adaptée, riche en protéines de haute qualité faciles à digérer ou en fibres et faible en glucides. Des aliments industriels spéciaux, sous format de croquettes ou de sachets humides et pâtée, existent sur le marché et pourront vous être recommandés par votre vétérinaire. Il est très important que votre chat mange correctement tous les jours, surtout après les injections d’insuline.

En conclusion, il faut bien faire au chat les injections quotidiennes d’insuline prescrites et ceci à heures fixes, avec un repas ensuite. La gestion d’un animal diabétique est contraignante, mais bien suivre le traitement et surveiller son alimentation est indispensable à sa santé et sa survie.

Dans environ 50 % des cas, lorsque les cellules pancréatiques ne sont pas totalement détruites, une détection précoce du diabète et une mise en place rapide du traitement insulinique et diététique permet une rémission totale et donc une guérison de l’animal dans les 3 mois, qui n’aura donc plus besoin d’injections.

Quel est le pronostic à long terme ?

Comme vu précédemment, une rémission est possible chez le chat pris en charge et traité rapidement, qui peut concerner jusqu’à 50% des chats selon certaines études ! D’où l’importante de détecter tôt le diabète afin de mettre en place le traitement rapidement.

Lorsqu’il n’y a pas de rémission, le pronostic reste bon si le traitement et le suivi sont réalisés correctement.

Il arrive parfois qu’un chat présente du diabète ainsi qu’une autre maladie concomitante, dans ce cas-là, le pronostic est plus réservé. 

Comment se déroule le suivi d’un chat diabétique ? 

Le suivi d’un chat diabétique est essentiel et doit être régulier. Il peut être difficile et long au début de trouver la dose d’insuline efficace. C’est pourquoi plusieurs visites vétérinaires seront à prévoir après le diagnostic, puis au moins deux fois par an par la suite.

A la maison, vous devez surveiller l’apparition de certains symptômes tels que de la faiblesse, des tremblements, des convulsions… ils peuvent être le signe d’une grave crise d’hypoglycémie. Si cela arrive, informez votre vétérinaire et proposez immédiatement à manger à votre chat ou appliquez du miel ou du sucre sur ses gencives. Ne lui faites surtout pas d’injection d’insuline. Si la crise ne passe pas, consultez en urgence un vétérinaire. 

La prévention du diabète passe par une bonne alimentation, de l’exercice régulier et le maintien d’un poids normal, ce dès le plus jeune âge. Pour les chats diabétiques détectés de manière précoce, une rémission totale peut être observée. 

Le diabète sucré du chat est donc une affection endocrinienne et hormonale fréquente chez le chat âgé. Le principal facteur de risque est l’obésité. Il en résulte un défaut d’action puis de sécrétion de l’insuline par le pancréas. Le traitement passe ensuite par des injections d’insuline à heures fixes et des mesures diététiques.  C’est une thérapie assez contraignante, et de nombreuses visites de contrôle avec analyse de sang sont souvent nécessaires pour adapter le traitement et stabiliser le chat.

 

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Photos : 123RF

A propos de l'auteur

Juliette Garnodier

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