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Chien et chat virtuels : l'avis du vétérinaire

Chien et chat virtuels : l'avis du vétérinaire

Article publié le : 02/07/2021

Le Dr Claude Béata est vétérinaire spécialisé en comportement. Il a testé durant deux mois un jeu pour console portable. Quand le virtuel rejoint la réalité, il nous livre ses impressions.

Le Dr Claude Béata est, entre autres, vétérinaire comportementaliste. Il s’est prêté à une expérience pour le moins assez originale : tester durant deux mois un jeu pour console : Nintendogs + Cats, qui propose aux joueurs un chiot ‘’portable’’ et, pour la première fois, un chaton. Quand le virtuel rejoint la réalité, voici ses impressions. 

SantéVet : Qu'est-ce qui vous a incité de participer à cette expérience ?

Claude Béata : Quand Nintendo m'a demandé un avis de vétérinaire comportementaliste sur leur jeu, cela m'a intéressé et j'ai utilisé mes souvenirs de joueur - et de père de joueurs ! -, de vétérinaire, de propriétaire de chiens et de vétérinaire comportementaliste.


SantéVet : Selon vous, l'enfant est souvent prescripteur dans le choix d'acquérir un chiot ou un chaton. Mais est-ce qu'un tel jeu peut réellement faire prendre conscience aux enfants des "obligations" et "contraintes" qu'imposent un animal au quotidien ? 

Claude Béata : Ce qui est bien fait, c'est le côté positif. Plus vous faites de choses avec votre chien, plus il vous donne satisfaction. Il a l'air heureux, il accomplit des tours, il gagne des compétitions. Mais cela reste un jeu : si l'enfant - ou l'adulte - oublie de s'occuper de son chien virtuel , celui-ci ne meurt pas ! Simplement, il ne veut plus obéir, il a faim, il a besoin d'être nettoyé et abreuvé. 

Et cela ressemble beaucoup à ce qui se passe avec les enfants, les animaux et les parents. Il est illusoire de penser que les enfants doivent être responsables totalement de la survie de leur animal : ce sont les parents qui assurent cette responsabilité. En revanche, l'enfant apprendra que plus il passe de temps à s'occuper de l'animal, meilleure sera la relation


SantéVet : Est-il un bon reflet de la "vraie" vie en compagnie d'un animal ? 

Claude Béata : Rien ne remplace un vrai chien ou un vrai chat ! Mais il faut reconnaître que les concepteurs ont donné des personnalités assez différentes aux animaux et que cela augmente l'intérêt.

Par exemple, la durée de la promenade est assez longue pour faire sentir la contrainte ...


« Si ce jeu peut éduquer les enfants, alors la prochaine génération de maîtres assurera un meilleur bien-être aux animaux. »


SantéVet : En quoi ce jeu le rend-il plus responsable ?

Claude Béata : Le fait de pouvoir toucher du doigt que le temps passé avec l'animal tisse une relation plus forte et plus agréable aux conséquences positives pour les deux me paraît très formateur. 

Il ne faut pas oublier qu'une enquête récente a montré que les propriétaires passaient moins de 5 minutes par jour en interaction avec leur chien. 

Si ce jeu peut éduquer les enfants dans le sens de consacrer plus de temps à l'animal, alors la prochaine génération de maîtres assurera un meilleur bien-être aux animaux.


SantéVet : Les cas de morsures se sont multipliées principalement cet été. Ce jeu est-il aussi un moyen pour l'enfant d'apprendre à communiquer avec un animal, connu ou inconnu ? 

Claude Béata : Il faut laisser les jeux à leur place de jeux. Mais il y a un élément intéressant : pendant les promenades, votre chien virtuel rencontre d'autres chiens. Très souvent, cela se passe bien, parfois il est indiqué que les deux chiens ne s'entendent pas. Cela est une première étape pour comprendre que le risque existe aussi.


SantéVet : Ne faudrait-il pas aussi insister sur l'importance du choix et de l'origine, à savoir chercher un chiot ou un chaton convenablement socialisé au départ ? 

Claude Béata : C'est une question bien difficile à laquelle je n'ai pas de réponse évidente. Quand nous avons travaillé dans le cadre des rencontres "Animal et Société" sur la définition du "bon" chien, nous nous sommes vite rendus compte que personne ne mettait la même image derrière ces mots. 

Pour certains, la relation passe avant tout ; pour d'autres, c'est la beauté ou la santé. Alors, bien sûr, il faut essayer de favoriser les bonnes conditions d'élevage et privilégier l'adoption des chiots et chatons bien socialisés, mais tous les vétérinaires connaissent des cas de chiens adoptés tardivement en refuge, d'origine inconnue et qui font de merveilleux compagnons et donnent toute satisfaction. Je suis toujours prudent devant un certain eugénisme, même canin !


SantéVet : En tant que vétérinaire comportementaliste, diriez-vous que vous avez affaire à davantage de problèmes comportementaux chez les chiens et chats que par le passé ? 

Claude Béata : C'est très difficile à dire dans la mesure où aucune solution sérieuse n'était proposée à ces problèmes il y a encore deux décennies. Alors, bien sûr, nous en voyons davantage, mais c'est surtout parce que nous savons les nommer, les reconnaître et les soigner. 

Avoir pu démontrer qu'il y a d'autres solutions que l'euthanasie ou la castration est une de nos grandes victoires. La prise en charge combinée thérapie comportementale et médicament adapté donne aujourd'hui des résultats satisfaisants dans de nombreuses affections.


« Le vétérinaire comportementaliste a pris totalement sa place aux côtés de ses confrères. »


SantéVet : Vétérinaire comportementaliste étant devenu une "spécialisation", les maîtres ont-ils pleinement conscience que ceux-ci peuvent les aider à construire ou rétablir une relation avec leur animal. Le côté "psy pour animal" qui semblait faire sourire il y a quelques années a t-il fait place à une reconnaissance du rôle de ces vétérinaires spécialisés en comportement ?

Claude Béata : Les témoignages de gratitude se multiplient. Ceux qui souriaient il y a quelques années ont maintenant souvent demandé de l'aide pour leur chien ou pour leur chat. 

Le vétérinaire comportementaliste a pris totalement sa place aux côtés de ses confrères cardiologues, dermatologues, neurologues, etc. C'est une discipline de plus dans le champ vétérinaire, qui apporte beaucoup non seulement dans la relation particulière entre un humain et ses animaux, mais aussi dans le conseil aux collectivités locales et aux gouvernements quand ils veulent bien écouter.


SantéVet : Aux côtés de vous, il y a beaucoup de comportementalistes non vétérinaires. Y-a-t-il des tentatives de rapprochement et pourquoi les non-vétérinaires, même si leur approche est différente et qu'ils n'ont pas la possibilité de délivrer des traitements, sont toujours sans formation reconnue ? Cela contribue-t-il à entretenir cette multiplication "tous azimuts" ?

Claude Béata : Les vétérinaires comportementalistes travaillent très volontiers de concert avec les éducateurs qualifiés, et cela depuis longtemps. 

Le temps des luttes stériles est fini depuis longtemps, mais vous avez raison : leur corps de métier a besoin de coordination et de lisibilité.


« Avec l’assurance santé chien et chat, tout le monde a à y gagner, et les animaux en premier ! »


SantéVet : L'assurance santé animale rembourse aussi les frais vétérinaires en cas de consultation en comportement ; que pensez-vous de cette "mutuelle" pour animaux ?

Claude Béata : J'apprécie beaucoup que SantéVet, qui contrairement à beaucoup d'autres assurances médicales vétérinaires, accepte de prendre en charge les frais liés aux troubles du comportement. C'est la reconnaissance d'une lutte que nous menons depuis des années : faire admettre que la zoopsychiatrie fait partie intégrante de la médecine vétérinaire. 

C'est aussi pour la  mutuelle faire preuve de sagesse : il vaut mieux prendre en charge le traitement d'un chien hyperactif plutôt que de devoir payer la réparation de l'os brisé par manque de contrôle ou de l'intervention chirurgicale pour ingestion de corps étranger qui arrive si souvent si ces chiens ne sont pas traités ! Tout le monde a donc à y gagner, et les animaux en premier !

Propos recueillis par Claude Pacheteau

 

Nintendogs + Cats : chiens et chat en mode jeu

Nintendogs + Cats propose aux joueurs un chiot portable et, pour la première fois, un adorable chaton pour des heures de jeu et de tendresse n'importe où, n'importe quand. 

Les graphismes de la Nintendo 3DS proposent une 3D relief et une interactivité jusqu'alors inégalée qui font de ce titre une expérience inoubliable. 

Une fois le nouveau compagnon choisi, chien ou chat, ce dernier prend vie devant les yeux des utilisateurs et au creux de leurs mains, parfois en venant carrément leur lécher le visage !

Les joueurs sélectionneront leur nouveau compagnon parmi les 9 espèces canines disponibles dès le départ. Il existe 3 versions de Nintendogs + Cats, proposant chacune un choix différent de races de chien parmi lesquelles : un golden retriever et ses amis (un dogue allemand majestueux et un beagle facétieux) ; un bouledogue français et ses amis (chihuahua ou dalmatien) ; un caniche toy et ses amis (Jack Russell terrier et shih-tzu au magnifique pelage). 

Tout comme dans la vraie vie, les chats seront parfois moins enclins à passer du temps avec vous : il vous faudra alors faire davantage d'efforts pour, à terme, récolter les fruits de votre travail et jouir d'une formidable relation avec votre nouveau chaton. 

Les chats aiment escalader toutes sortes de choses, ainsi pensez à acheter de grands meubles pour que votre chaton puisse grimper et se faire une place ! 

Prenez grand soin de votre chaton et, s'il devient votre ami, il vous offrira à son tour des cadeaux... 

S'il est tout particulièrement heureux, il pourra se sentir suffisamment en sécurité et devenir l'ami de votre chiot !

 

Pour en savoir plus sur le Dr Claude Béata

Le Dr Claude Béata est vétérinaire comportementaliste.

Il est également membre du Collège Européen de Médecine Vétérinaire Comportementale (animaux de compagnie) et auteur de « La psychologie du chien » aux éditions Odile Jacob. 





SantéVet

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Photos : Nintendo et DR

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