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Chiot de 2 mois : son alimentation et sa dentition

Chiot de 2 mois : son alimentation et sa dentition

Article publié le : 20/10/2021

L’alimentation de votre chiot joue un rôle capital dans sa croissance. De la tétine de la mère à ses premiers “vrais” repas, il est indispensable de respecter les phases de transition. Votre vétérinaire pourra vous aider à adapter l’alimentation de votre chiot avec ce qui lui convient le mieux pour sa santé. 

Tous les chiens n’ont pas les mêmes besoins nutritionnels et une courbe de poids vous permettra de vous assurer que votre chiot grandit bien tout en étant certain de ne pas commettre d’erreurs dans ses rations journalières. Par ailleurs, il est important de surveiller le bon développement de sa dentition. Et d’habituer dès son plus jeune votre chiot à l’entretien de ses dents. 

Le Dr. Ludovic Freyburger est enseignant et consultant en médecine préventive à VetAgro Sup (école vétérinaire de Lyon). Egalement Président du groupe d'études en médecine préventive de l'AFVAC (Association de Formation des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie). Et Directeur de la formation vétérinaire à la Compagnie des Animaux/SantéVet. Il vous explique toutes les mesures de prévention concernant l'alimentation et la dentition de votre chiot afin qu'il démarre bien dans la vie. 

Alimentation : bien nourir votre chien pour qu'il grandisse correctement

Les premiers mois de vie représentent une période extrêmement importante du point de vue de l’alimentation du chiot. Il s’agit de la période de croissance pendant laquelle les besoins du chiot sont élevés et différents de ceux d’un adulte.

De la naissance à 2 mois, le chiot est en contact avec sa mère, et se nourrit grâce au lait maternel. Il est important dans cette période que les besoins nutritionnels de la mère soient correctement couverts pour permettre une production de lait de qualité et en quantité adéquate. 

Un lait artificiel spécialement conçu pour les chiots que vous pourrez trouver chez votre vétérinaire pourra être donné dans le cas où la maman refuserait de nourrir ses petits, si la lactation est insuffisante, si un (ou des) chiot(s) est faible(s). Il est important de ne pas donner de lait de vaches ou de brebis, qui ne conviennent pas aux carnivores. 

De la tétine, ou biberon, à la gamelle : comment nourrir son chiot ?

Après le lait maternel à la tétine, à 3 semaines environ, les chiots commencent à laper du lait (spécialement adapté) dans leur gamelle. Ajoutez progressivement un aliment de sevrage avant de passer à une alimentation liquide puis solide.

Les rations pour les chiots s’établissent à 4 fois par jour (toutes les 6 heures) à l’aide de lait reconstitué ou de bouillies ; 3 fois par jour (toutes les 8 heures) pour des aliments solides. L’aliment sec peut être laissé à disposition.

La croissance pondérale du chiot doit être suivie en fonction de critères définis notamment par la taille adulte du chien à l’âge adulte en fonction de la race ou du type auquel il appartient : chien dit nain, de très petite taille, de petite taille, de taille moyenne, de grande taille, et chien dit géant.

Compte tenu du fait que les cellules qui accumulent la graisse (adipocytes) se multiplient pendant la croissance, il est important que le chiot grandisse légèrement maigre, afin d’éviter une prédisposition au surpoids ou à l’obésité à l’âge adulte. 

Une courbe de poids pour suivre l’évolution

Une courbe de poids devra être renseignée toutes les semaines pendant la croissance, pour suivre correctement le développement du chiot. Le vétérinaire fournira la courbe de poids adaptée au chiot sur laquelle le propriétaire pourra reporter les poids recueillis.

 

Il est très important de veiller à peser le chiot toujours sur la même balance (en plus de celle du vétérinaire) et plus ou moins au même moment de la journée. Cela pour éviter les variations de poids liées à la prise d’aliment ou à l’excrétion des selles ou des urines.

Les besoins énergétiques sont très importants à cette étape de la vie, ils permettent la croissance de l’organisme. En revanche, le volume de l’estomac est restreint. Il est donc important d’associer une qualité alimentaire (digestibilité, équilibre et composition) à une quantité acceptable par l’estomac (densité énergétique élevée).

Dans la mesure du possible, une fois le sevrage terminé (à environ 8 semaines d’âge du chiot), il est recommandé de nourrir votre chiot 3 fois par jour à l’aide de l’alimentation solide à laquelle il a été habitué au départ.

Alimentation industrielle ou ménagère ? 

L’éleveur, amateur passionné, etc. chez lequel vous ferez l’acquisition de votre chiot pourra vous conseiller pour bien nourrir votre nouveau compagnon, tout comme votre vétérinaire. Il est fort possible que l’éleveur professionnel vous remette d’ailleurs un sac de nourriture le jour où vous venez récupérer votre chiot.

Vous pourrez continuer de nourrir votre compagnon avec cet aliment, évoluer dans la gamme avec l’âge, son état physiologique (stérilisé ou pas), sa santé, son activité, voire en changer.

Votre vétérinaire pourra également vous conseiller sur l’adaptation de l’aliment en fonction de critères de développement du chiot pour éviter l’installation de problèmes gênants pour la santé du chien (par exemple un surpoids en croissance). 

Attention, tout changement d’alimentation doit s’opérer progressivement afin d’éviter les troubles du système digestif. Diminuez la ration de votre chien tous les 3 jours sur une dizaine de jours environ en incorporant peu à peu le nouvel aliment à l’ancien et en inversant les proportions : 

- 75 % du premier aliment, 25 % du second les 3 premiers jours,

- 50/50 les 3 jours suivants,

- puis 25 % du premier aliment, 75 % du second...

- pour arriver enfin à 100 % du nouvel aliment.

Il s'agit d’une transition alimentaire qui devra rester le principe de base à respecter à chaque changement d’alimentation en cas de régime alimentaire unique. 

Les fabricants d’aliments pour chiens ont fait d’énormes progrès et cette filière n’a rien à envier à celle de l’alimentation pour humains dès lors que l’on choisit un aliment haut de gamme (Premium). Il est parfois difficile de faire la différence entre la qualité de plusieurs aliments, votre vétérinaire pourra vous aider dans ces choix et recommandations. N’hésitez pas à le solliciter sur le sujet.

Faciles à transporter si l’on se déplace, à stocker et à conserver, les croquettes peuvent tout à fait apporter tout ce dont votre chiot a besoin. Il n’est pas alors nécessaire d’ajouter un complément alimentaire, sauf indication vétérinaire. 

L’alimentation ménagère - les petits plats maison - peut être un choix pour le maître et convenir au chien. Mais il faut que les rations journalières soient bien équilibrées (viande, poisson, légumes, minéraux, vitamines, acides gras insaturés…) afin qu’il n’y ait ni carences ni surplus.

A l’inverse de l’alimentation industrielle, il sera toujours nécessaire dans ces rations d’apporter des compléments alimentaires vitaminiques et en sels minéraux (calcium et phosphore pour garantir la bonne santé de votre chien. Votre vétérinaire vous le recommandera en fonction des besoins de votre animal et vous pourrez lui demander conseil afin de ne pas commettre d’erreur. 

Le régime BARF pour les chiots ?

Certains maîtres optent désormais pour le régime BARF. S’inscrivant dans la mouvance du « naturel », il s’agit d’un mode d’alimentation basé sur l’usage de viande crue - poulet notamment, abats, os, cous de dinde, intéressants pour les fortes mâchoires - et de produits crus - produits laitiers (fromage blanc), légumes, légumineuses, huile et d’éventuels compléments alimentaires. 

Non dénué de risques sanitaires et nutritionnels, l’élaboration de la ration doit être correctement maîtrisée et préparée. Des précautions de conservation de la viande crue sont nécessaires pour maîtriser le risque bactérien, principalement les salmonelles. 

Pour ne pas prendre de risques, il est conseillé de se faire aider par son vétérinaire dans l’élaboration des menus, voire de commander des rations Barf équilibrées et livrées au quotidien ou congelées par des sociétés qui se sont spécialisées dans ce mode d’alimentation. Cela présente donc un défi logistique et un coût important sans être nécessaire à l’équilibre psychique de votre chien, ni répondre à des besoins. 

Dans tous les cas, dès lors que vous aurez trouvé l’alimentation qui convient à votre chiot, il ne sera pas nécessaire d’en changer, sauf à évoluer selon ses besoins, son âge, etc. Contrairement à l’humain, un chien n’a nullement besoin de varier sa nourriture.

Le but d’une bonne alimentation outre une bonne santé, un beau poil est de couvrir les besoins de votre animal en veillant à ne pas favoriser l’embonpoint.

Le surpoids, qui correspond à un poids supérieur de 10 % au poids idéal, et l’obésité, qui correspond à un poids supérieur de 20% au poids idéal de votre animal de plus en plus fréquente chez les chiens, sont néfastes pour la santé de l’animal : ils prédisposent à des problèmes articulaires, cardiaques, hépatiques, respiratoires, mises bas plus difficiles

Des friandises avec modération et des os avec prudence

Vous pourrez avoir recours à des friandises pour votre chiot. Elles peuvent être très utiles dans le cadre de l’éducation de votre chiot, notamment l’apprentissage des ordres de base. Mais n’en abusez pas, au risque que cela devienne une habitude systématique chez votre chien ! De même, il faut en tenir compte dans le cadre de sa ration journalière, pour ne pas favoriser l’embonpoint. 

Si en guise de friandise vous souhaitez donner des os à votre chiot – ce qui peut être un moyen pour lui de se faire les dents – évitez absolument ceux de lapin ou de volaille (poulet, dinde, pintade, canard…), qui peuvent se casser, se planter dans la gorge ou encore occasionner constipation, perforation ou occlusion de l’estomac, des urgences vétérinaires.  

Les os trop friables sont également déconseillés. Préférez plutôt un gros os de bœuf (os de côte ou os à moelle ouvert pour éviter qu’il ne se coince dans la gueule du chien).

Prendre garde aux aliments toxiques 

Que ce soit dans le cadre d’une alimentation ménagère mais aussi par « chapardage », de nombreux aliments sont toxiques pour votre chien

Voici une liste non exhaustive des aliments toxiques pour le chiot

- blanc d’œuf cru,

- pommes de terre crue,

- haricots secs,

- poisson cru, thon,

- choux,

- ail, oignons, échalotes, ciboulette,

- avocats, tomates, aubergines, poivrons,

- raisins frais et secs davantage, groseilles,

- noix, noix de Macadamia, noisettes, marrons, châtaignes,

- levures (pâte à pain/à tarte),

- sucreries, lait, café, aliments périmés et/ou moisis...

Le foie n’est pas recommandé, tout comme le thon.  

Attention au chocolat, particulièrement le noir (cacao). Il contient un alcaloïde (la théobromine), une substance que le chien ne parvient pas à assimiler. Suivant la dose ingérée, c’est une urgence vétérinaire pouvant être mortelle. Le chocolat blanc n’est pas toxique car sans cacao, mais peut entraîner des troubles digestifs.

Des dents et une bouche en bonne santé

Il est important de surveiller la croissance de votre chiot et de faire en sorte qu’il puisse se développer normalement en fonction de la race ou du type auquel il appartient. D’un point de vue psychique et physique (taille, poids, masse musculaire…). 

Un autre aspect est à surveiller lors de la croissance : son développement dentaire. 

La dentition du chiot évolue en 2 générations de dents : la dentition déciduale (équivalent des dents de lait chez l’enfant), et la dentition définitive. 

 

Le chiot possède 28 dents lactéales et 42 dents définitives. Les dents déciduales débutent leur éruption entre 3 et 5 semaines (canines à 3 semaines, incisives dans 3èm semaine et prémolaires dans la 4ème semaine. 

Le chiot ne possède pas de molaires déciduales qui persistent dans la cavité buccale jusqu’à 3-4 mois. L’exfoliation des dents déciduales (chutes des dents déciduales liées à la sortie des dents définitives) a lieu dans un ordre généralement défini : les incisives (entre 16 et 19 semaines, les prémolaires entre 19 et 22 semaines et les canines entre 20 et 23 semaines).

C’est le moment idéal pour apprendre au chiot à se faire brosser les dents. Cet apprentissage nécessite à la fois du temps et de la patience. Mais bien que peu évident et apparaissant parfois « superflu » par les maîtres, le brossage permet de prévenir de nombreuses maladies et d’assurer un confort quotidien pour le chien (absence de douleur en mangeant) et pour le propriétaire (absence de mauvaises odeurs).

 

Les étapes successives vous seront expliquées à la clinique vétérinaire par l’équipe soignante pour parvenir ultérieurement à un brossage des dents optimal en utilisant successivement votre doigt, puis un doigtier, et enfin une brosse à dents associés ou non à un dentifrice appétent spécialement élaboré pour les chiens. Ce produit que vous pourrez placer dans sa trousse de soin fait partie lui aussi de ceux pouvant bénéficier lors de leur achat du forfait prévention contenu dans l’assurance pour chien

La prévention dans ce domaine est de correctement gérer l’hygiène bucco-dentaire, afin d’éviter l’installation de la plaque dentaire responsable du développement du tartre. Le tartre est l’ennemi N° 1 de la bouche de votre compagnon. Cette affection, avec les risques de gingivites, perturbent le quotidien du chien et du propriétaire : douleurs, mauvaise haleine (halitose), anorexie, infections…

Le brossage et son apprentissage précoce des dents de votre chiot pourra permettre de repousser le détartrage avant qu’il ne soit nécessaire. 

Vous pouvez également distribuer des friandises – dont certaines disponibles dans votre clinique – qui, de par leur composition, luttent contre la mauvaise haleine. Et de par leur forme « imposent » au chien un masticage proche de l’effet mécanique d’une brosse à dents. C’est ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable, en faisant attention de ne pas déséquilibrer les apports énergétiques de votre chien pour le conserver en un poids idéal ! 

Dr. Ludovic Freyburger

Enseignant et consultant en médecine préventive à VetAgro Sup (école vétérinaire de Lyon). Président du groupe d'études en médecine préventive de l'AFVAC (Association de Formation des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie). Directeur de la formation vétérinaire à la Compagnie des Animaux/SantéVet. 

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Claude Pacheteau
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