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Un site et un forum au service des ASV

Un site et un forum au service des ASV

Article publié le : 06/05/2019

Auxiliaire vétérinaire depuis 26 ans en province, Anne-Marie Lebis a souhaité mettre à profit Internet afin de créer un contact direct avec ses collègues répartis dans les cliniques et cabinets vétérinaires de France. Cela a donné naissance à ASVinfos.com. Elle est également administratrice d’un forum créé par une autre ASV : Job ASV. Deux outils au service d’une profession aux multiples facettes. 

SantéVet : Qu’est-ce qui vous a incité à créer ASVinfos.com ?

Anne-Marie Lebis :
J’ai observé qu’il n’était pas facile de garder le contact avec les collègues des autres cliniques et cabinets vétérinaires et que nous avons généralement du mal à trouver des informations professionnelles, par manque de temps ou par manque d'accès aux revues professionnelles. 

J'ai constaté aussi que la collecte et la transmission d'informations au sein des structures étaient rendues encore plus difficiles par le fait que beaucoup d'entre nous travaillaient à temps partiel. (55 % selon l’OPCA-PL, l'organisme gestionnaire des cotisations de formation pour la profession des ASV (auxiliaires spécialisés vétérinaires)).Pourtant, le personnel employé dans les cliniques et cabinets vétérinaires est très en demande d’informations. 


SantéVet : Quel a été le point de départ et les objectifs du site ? 

Anne-Marie Lebis :
Cela passait par la possibilité de consulter en ligne un site regroupant des données spécifiques à notre profession, mais aussi d'y avoir une interactivité. Il fallait donc pouvoir réagir à la lecture d'un article, apporter ses commentaires, poser des questions, déposer un document à l'intention de la communauté. 

ASVinfos.com est un outil de partage pour nous tenir au courant des actualités, des nouveautés, des solutions mises en place par les collègues au travail, ainsi que de l’évolution des connaissances dans notre profession. Il permet aussi de relayer les informations en provenance du GIPSA et de l’AFVAC



« Les ASV ne sont plus cantonnées au ménage ou aux tâches administratives. »



SantéVet : La profession d’ASV a beaucoup évolué ces dernières années. Tant d’un point de vue technique que pratique. Comment avez-vous ressenti cette évolution ? 

Anne-Marie Lebis :
Il y a une évolution importante de la médecine vétérinaire vers une plus grande technicité et des demandes de glissement de compétence vers les ASV sollicitées pour de nouvelles tâches par les vétérinaires, mais aussi de leur propre initiative. Elles ne sont plus cantonnées au ménage ou aux tâches administratives. Une réelle interrogation existe au sein de la profession vétérinaire – même si les avis sont partagés - sur la délégation d'actes aux ASV, et sur l'acquisition des compétences associées. 

Actuellement, le Code Rural interdit les actes vétérinaires aux non-vétérinaires. Mais, en dépit de cela, un assouplissement a été récemment accordé aux éleveurs et techniciens agricoles. Donc des aménagements sont possibles (voir également encadré). 

Même si les choix techniques et de traitement sont  effectués par les vétérinaires, je crois que nous sommes tous et toutes en recherche des meilleures méthodes qui existent. L’avis des ASV et les informations qu’elles apportent sont en général bien perçus. L’accès à l’information est nécessaire pour de nombreuses jeunes collègues, et la veille technique et le partage de l’expérience est un élément de motivation pour les plus anciennes.



« Accomplir notre travail quotidien est une fierté. »



SantéVet : Le contact avec les clients est une des choses les plus importantes de votre métier ; mais quelles en sont les autres facettes ?

Anne-Marie Lebis :
La prise en charge de l’animal est une priorité, quitte à laisser attendre un client à l’accueil ou au téléphone si l’accumulation des tâches est trop importante. Notre rôle consiste à être un élément facilitateur du rôle de soignant du vétérinaire, faire en sorte que les journées se déroulent sans anicroches, toutes les tâches nécessaires à l’activité de soin comme au fonctionnement de l’entreprise étant réalisées au mieux. Comme partout, un tri continuel de ce qui est « urgent », « prioritaire », « important », « nécessaire » et « à faire » est à réaliser au fil de la journée.

Mes collègues de rurale peuvent avoir une activité « canine » réduite et avoir moins de soins à assurer. Elles organisent les tournées des vétérinaires, et sont chargées de remplir les nombreux documents sanitaires ainsi que faire des expéditions de prélèvements, tout en assurant la gestion de stocks parfois considérables et en accueillant les éleveurs. La polyvalence de notre métier amène certaines d’entre nous, en plus des tâches courantes, à gérer totalement la clinique où elles travaillent, y compris la comptabilité, l’établissement des salaires,  le règlement des factures et les relations avec les fournisseurs. 

La fierté d’avoir terminé une journée dense en ayant accompli la quasi-totalité de ce que nous avions prévu, en ayant des clients satisfaits, fait aussi partie des plaisirs du métier.



« L’assurance santé animale est une garantie de sérénité. »



SantéVet : Que pensez-vous de l’assurance santé animale ? Est-elle connue des maîtres ?

Anne-Marie Lebis : Elle est une garantie de sérénité pour les gens qui craignent de devoir refuser des soins à leur animal pour des raisons financières. 

Les outils que les assurances nous fournissent (affiches, leaflets) sont utiles, car ils permettent une information discrète en salle d’attente. Il n’est pas toujours facile d’en parler, les gens ayant une suspicion de collusion entre les assurances et les vétérinaires. Nous l’abordons rapidement lors de la première consultation, sans nous y attarder pour ne pas submerger les nouveaux propriétaires sous une quantité importante d’informations. Nous y revenons ponctuellement, par exemple, si des plaintes à propos du coût des soins sont exprimées.

L’attitude des vétérinaires envers l’assurance santé des animaux, (indifférents ou conscients du confort de soin que ça leur procure ensuite), le lieu de vie des gens (les tarifs vétérinaires et les possibilités d’arrangement de paiement ne sont pas les mêmes partout en France), et évidemment leurs moyens financiers sont des éléments qui vont faciliter ou non la souscription à une assurance.


Propos recueillis par Claude Pacheteau

 

ASV : un métier en manque de mixité

On parle souvent des ASV au féminin alors que la profession compte tout de même des garçons. Comment expliquer cette différence au niveau de la répartition par sexe ? « Cela correspond aux généralités sociologiques », analyse Anne-Marie Lebis.

« Les métiers peu rémunérés, de services ou de soins sont généralement l’apanage des femmes. L’histoire de notre profession explique aussi cette embauche féminine, les épouses des vétérinaires « ruraux » ayant d’abord répondu au téléphone et accueilli les clients, en effectuant les tâches d’entretien des blouses, du matériel et du cabinet… Puis elles ont passé le relais à des femmes de ménage/secrétaires, qui ont alors rempli les documents sanitaires et accueilli les éleveurs.

Et quand les possibilités techniques de la médecine vétérinaire se sont s’améliorées, la personne présente aux côtés du vétérinaire a commencé à réaliser de plus en plus de soins, les tâches d’aide-soignante et infirmière s’ajoutant à son rôle antérieur. Il me paraitrait logique que la féminisation massive de la profession vétérinaire entraîne des embauches d’ASV  hommes, pour que les équipes ne perdent pas le bénéfice de la mixité.
»

 

Echelon, salaire et convention collective

À la demande des premiers hôpitaux vétérinaires, une formation destinée au personnel soignant (niveau bac + 2), axée sur les techniques chirurgicales et d'urgence, a été mise en place à l'école vétérinaire de Lyon. « Le diplôme de TSA (Technicien(ne) en santé animale) n'est cependant pas reconnu par notre convention collective et ne donne pas accès à l'échelon 5 de notre profession ni à un salaire rétribuant les compétences acquises », déplore Anne-Marie Lebis. « Les diplômé(e)s ne peuvent donc être embauchées dans un CHV, qui doit employer un nombre d'ASV diplômées (échelon 5) équivalent au nombre de vétérinaires "temps plein" y exerçant, alors qu'elles (ils) ont  été formés dans ce but... »

« On peut également se poser la question de l'échelon et du salaire à attribuer aux collègues qui travaillent dans des structures vétérinaires en tant qu'inséminateurs/trices, physiothérapeutes, coordinateurs/trices d'équipes, responsables de blocs, comptables... L'un des avantages de la communication via le web est justement aussi de renseigner les collègues afin qu'elles sachent si leur situation est ou non conforme à ce que demande la convention collective. »

 

Job ASV : un forum fraternel

Anne-Marie Lebis a pris également en charge l’administration du forum Job ASV  créé il y a plus de dix ans par Nathalie David. 

« Dans le forum job ASV, il y a une partie publique et une partie professionnelle d’accès réservé. Dans la partie réservée aux ASV, les échanges, les réponses aux questions professionnelles posées par des collègues sont intéressantes et utiles, c’est ce que je préfère. D’autres collègues viennent pour la détente dans la partie publique du forum et ne lisent qu’occasionnellement les sujets professionnels.

Un grand nombre de questions sont posées par les candidat(e)s à ce métier. Les membres s’efforcent de les aider dans leur démarche d’orientation.

Un travail important de centralisation des offres d’emploi est réalisé par deux modératrices qui les mettent en ligne sur le forum et envoient des newsletters aux membres qui en ont fait la demande.

Le forum Job ASV souhaite faciliter la création de liens de confraternité.
»



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Photo : DR

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