Claude Pacheteau

Campagne de sensibilisation contre les algues vertes

Les algues vertes présentes sur certaines plages de France, en Bretagne et Vendée notamment, devaient faire l’objet d’une campagne choc qui été interdite. Elles seraient toutefois responsables d’intoxication et de la mort d’au moins deux chiens. 

France Nature Environnement (FNE) fédère 3 000 associations de protection de la nature. Elle souhaitait lancer mi février, peu avant le début du Salon de l’agriculture 2011, une campagne choc de sensibilisation sur les algues vertes toxiques et leur présence sur certaines plages de France. Le responsable pointé du doigt : l’agriculture industrielle et donc certains agriculteurs. 

Cette campagne devait s’afficher dans le métro parisien avec pour slogans : « Bonnes Vacances » ou « Arrêtez vos salades ».

La régie publicitaire du métro parisien a décidé d’interdire la campagne. Une interdiction qui a été ressentie comme une censure de la part de FNE pour qui il s’agissait d’un « cri d’alarme ». Pour d’autres, cela avait pour conséquence de stigmatiser un secteur déjà très frappé par la crise, qui tente toutefois de lutter contre ce phénomène et qui dénoncent pour leur part une mauvaise gestion des eaux usées. 


Néfastes pour l'Homme et les animaux


Ces algues, responsables de marées vertes résultent de la prolifération d’une algue appelée ulve (ou laitue de mer) dont la croissance est exponentielle entre avril et juillet sur les plages et dans les baies où l’ensoleillement se combine à un faible déplacement des masses d’eau dans lesquelles les algues se développent en suspension. 

Elles se nourrissent principalement d’azote arrivant en quantité dans les eaux suite à la surfertilisation des sols d’origine agricole. 

La putréfaction des algues vertes dégage de l’hydrogène sulfureux. Non seulement FNE rappelle que cela sent mauvais, mais surtout est très néfaste pour la santé des hommes et des animaux.

En interdisant la mise en place de la campagne publicitaire, le débat a finalement été relancé. 

La mort de deux chiens alimente les soupçons

A Hillion, dans les Côtes-d’Armor (22), sur la plage de la Granville, la mort de deux chiens victimes des algues vertes a relancé le débat sur leur toxicité. Des scientifiques affirment que ces peuvent représenter un danger mortel pour les animaux, mais aussi pour l’homme. 

« Lorsque vous marchez sur la croûte blanche des amas d’algues en décomposition et que vous la percez, la quantité d’hydrogène sulfuré qui s’échappe alors peut être mortelle », affirmait il y a peu le Dr Claude Lesné, spécialiste au CNRS. 

« L’histoire des deux chiens m’a alerté », poursuit-il dans un article publié par Télégramme de Brest en date du 4 octobre 2008.

« Car les deux autopsies réalisées par deux organismes différents - l’école vétérinaire de Nantes et le laboratoire départemental de Vendée - confirment le décès par inhalation de gaz toxiques. Ces chiens sont morts d’un œdème aigu du poumon. Il n’y a aucune ambiguïté », affirme le Dr Lesné.

« À partir de cette histoire, nous sommes plusieurs professionnels de santé à nous faire la même réflexion : si cela arrive à deux gros chiens (13 kg et 25 kg), ça peut également arriver à des humains et, notamment, à des enfants. Surtout que les animaux réagissent habituellement plus tard et à des doses plus élevées. »

Sur certaines plages concernées, on peut d’ailleurs voir des panneaux mettant en garde les promeneurs, les enfants et les chiens. 

Et si rien n’a été prouvé, certains affirment que tout « porte à croire qu’un jogger est déjà mort par asphyxie dans les algues et il est prouvé que des employés chargés de les ramasser ont été gravement intoxiqués ».



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