L’essentiel (TL;DR)
- L’incontinence urinaire correspond à des fuites d’urine involontaires et ne doit pas être confondue avec un problème de malpropreté.
- Les chiennes stérilisées et les chiens âgés sont les plus fréquemment concernés, mais une incontinence peut apparaître à tout âge.
- Le traitement dépend de la cause : faiblesse du sphincter, infection urinaire, maladie neurologique ou endocrinienne.
- Une consultation vétérinaire est indispensable afin d’identifier l’origine des fuites et de mettre en place un traitement adapté.
- Dans la majorité des cas, une prise en charge précoce permet d’améliorer nettement la qualité de vie du chien.
Qu’est-ce que l’incontinence urinaire chez le chien ?
Avant d’envisager un traitement, il est important de comprendre ce qu’est réellement l’incontinence urinaire et de la distinguer d’un trouble du comportement ou d’un problème d’éducation.
Définition
L’incontinence urinaire est l’incapacité d’un chien à retenir ses urines de manière volontaire. L’urine s’écoule alors involontairement, en petites quantités ou plus abondamment, sans que l’animal ne puisse s’en empêcher. Les fuites surviennent le plus souvent lorsqu’il est détendu, allongé ou endormi, mais elles peuvent également se produire lorsqu’il marche ou change de position.
Il ne s’agit pas d’un manque de propreté. Un chien incontinent continue généralement à demander à sortir pour uriner normalement, mais présente en parallèle des pertes urinaires incontrôlées.
Quelle différence entre incontinence et malpropreté ?
La malpropreté du chien est un comportement volontaire ou lié à une incapacité temporaire à se retenir (chiot, sorties insuffisantes, anxiété, marquage urinaire, troubles cognitifs, etc.). À l’inverse, un chien incontinent ne contrôle pas les fuites d’urine, même s’il est parfaitement propre et éduqué.
Le vétérinaire pourra distinguer ces deux situations grâce à l’examen clinique, à l’historique de l’animal et, si nécessaire, à des examens complémentaires.
Combien coûte la prise en charge de l’incontinence urinaire chez le chien ?
La prise en charge de l’incontinence urinaire dépend de son origine. Un simple traitement médical peut suffire dans certains cas, tandis que d’autres chiens nécessitent des examens complémentaires ou une intervention chirurgicale.
| Acte vétérinaire | Prix moyen sans assurance |
|---|---|
| Consultation | 40 à 60 € |
| Analyse d’urine (ECBU ou bandelette) | 20 à 60 € |
| Échographie des voies urinaires | 80 à 150 € |
| Radiographies | 70 à 150 € |
| Bilan sanguin | 50 à 120 € |
| Traitement médical (1 mois) | 20 à 80 € |
| Chirurgie (selon la cause) | 800 à 2 000 € |
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Quelles sont les causes d’incontinence urinaire chez le chien ?
L’incontinence urinaire n’est pas une maladie en soi, mais le symptôme d’une affection sous-jacente. Les causes sont nombreuses et peuvent être liées à un problème hormonal, neurologique, anatomique ou à une maladie des voies urinaires.
Incompétence du sphincter urétral
Il s’agit de la cause la plus fréquente d’incontinence chez le chien adulte, notamment chez les femelles stérilisées. Le sphincter de l’urètre perd progressivement de son tonus et ne parvient plus à retenir correctement l’urine. Les fuites surviennent surtout lorsque le chien dort ou est au repos.
Vieillissement
Avec l’âge, les muscles du plancher pelvien et du sphincter peuvent perdre de leur efficacité. Les chiens âgés sont également plus susceptibles de développer des maladies neurologiques ou des troubles cognitifs favorisant les pertes urinaires.
Malformations congénitales
Certains chiots naissent avec une anomalie de l’appareil urinaire, comme un uretère ectopique, qui empêche l’urine d’être correctement stockée dans la vessie. L’incontinence apparaît généralement dès le plus jeune âge.
Maladies neurologiques
Une atteinte de la moelle épinière, des nerfs ou du cerveau peut perturber les mécanismes de contrôle de la miction. Une hernie discale du chien, un traumatisme, une tumeur ou certaines maladies neurologiques peuvent être responsables d’une incontinence.
Infections urinaires
Une cystite ou une autre infection des voies urinaires du chien provoque souvent des envies fréquentes d’uriner et peut entraîner des pertes involontaires, en particulier lorsque l’inflammation est importante.
Calculs urinaires ou tumeurs
Des calculs vésicaux ou une tumeur des voies urinaires peuvent irriter la vessie ou gêner l’écoulement normal des urines, favorisant les fuites.
Maladies augmentant la production d’urine
Certaines affections, comme le diabète sucré, l’insuffisance rénale, le syndrome de Cushing ou le diabète insipide, augmentent fortement la quantité d’urine produite. Le chien peut alors avoir des difficultés à se retenir, sans présenter une véritable incontinence sphinctérienne.
Médicaments
Certains traitements, notamment les diurétiques ou les corticoïdes, augmentent la production d’urine ou modifient le fonctionnement de la vessie, ce qui peut favoriser l’apparition de fuites urinaires.
À quel âge un chien peut-il devenir incontinent ?
L’incontinence urinaire peut apparaître à tout âge, selon sa cause.
- Chez les jeunes chiens, elle est le plus souvent liée à une malformation congénitale, comme un uretère ectopique. À l’inverse, chez les chiens adultes et âgés, elle résulte généralement d’une faiblesse du sphincter urétral, du vieillissement ou d’une maladie sous-jacente.
- Les femelles stérilisées présentent un risque accru de développer une incontinence sphinctérienne, qui apparaît souvent plusieurs années après la stérilisation du chien, généralement entre 5 et 10 ans, même si elle peut survenir plus tôt ou plus tard selon les individus.
- Chez les chiens seniors, le vieillissement des muscles, les troubles neurologiques, les maladies endocriniennes ou les affections urinaires expliquent la fréquence plus élevée de ce problème. Quel que soit l’âge du chien, l’apparition de fuites urinaires justifie une consultation vétérinaire afin d’en identifier la cause.
Comment diagnostiquer l’origine de l’incontinence urinaire chez le chien ?
Pour identifier la cause des fuites urinaires, le vétérinaire procède par étapes afin d’écarter les différentes maladies pouvant être responsables.
- Recueillir les antécédents et les symptômes : âge, sexe, statut de stérilisation, moment où surviennent les fuites, consommation d’eau, fréquence des mictions, traitements en cours et éventuels autres signes cliniques.
- Réaliser un examen clinique complet : palpation de la vessie, examen neurologique, recherche d’une douleur, d’une masse ou d’anomalies anatomiques.
- Effectuer une analyse d’urine : bandelette urinaire, examen du sédiment et, si nécessaire, analyse bactériologique (ECBU) afin de rechercher une infection, des cristaux, du sang ou d’autres anomalies.
- Prescrire un bilan sanguin : il permet de dépister des maladies générales comme un diabète, une insuffisance rénale ou un syndrome de Cushing pouvant expliquer les troubles urinaires.
- Réaliser des examens d’imagerie : une échographie et/ou des radiographies permettent de visualiser la vessie, les reins, les uretères, la prostate chez le mâle et de rechercher des calculs, une tumeur ou une anomalie anatomique.
- Recourir à des examens spécialisés si nécessaire : scanner, IRM, cystoscopie ou examens neurologiques peuvent être indiqués lorsque les examens de première intention ne permettent pas d’établir un diagnostic ou en cas de suspicion de malformation ou d’atteinte neurologique.

Quel est le traitement pour l’incontinence urinaire chez le chien âgé ?
Le traitement dépend avant tout de la cause identifiée. Chez les chiens âgés, l’incontinence est souvent liée à une faiblesse du sphincter urétral, mais d’autres maladies, comme une infection urinaire, une affection neurologique ou une maladie endocrinienne, doivent toujours être recherchées avant de débuter un traitement.
Lorsque l’incompétence du sphincter est confirmée, le vétérinaire prescrit généralement un traitement médicamenteux visant à renforcer la fermeture de l’urètre. Selon le profil du chien, il peut s’agir de phénylpropanolamine ou d’œstrogènes chez certaines femelles stérilisées. Ces traitements permettent de contrôler efficacement les fuites chez une grande majorité des chiens, mais doivent souvent être poursuivis sur le long terme.
Si une autre maladie est à l’origine de l’incontinence, son traitement est indispensable : antibiotiques en cas d’infection urinaire, prise en charge d’un diabète ou d’un syndrome de Cushing, chirurgie pour certaines malformations ou certains calculs, ou traitement spécifique d’une affection neurologique.
En complément, quelques mesures simples permettent d’améliorer le confort du chien âgé :
- Sortir le chien plus fréquemment, notamment avant le coucher
- Installer un couchage facilement lavable ou des alèses absorbantes
- Nettoyer rapidement les souillures afin de limiter les irritations cutanées
- Contrôler régulièrement l’efficacité du traitement avec le vétérinaire
Avec une prise en charge adaptée, la plupart des chiens retrouvent une bonne qualité de vie malgré leur incontinence.
Les traitements médicaux permettent d’obtenir une amélioration clinique chez plus de 75 à 90 % des chiens souffrant d’incompétence du sphincter urétral.
Existe-t-il un traitement naturel pour l’incontinence chez les chiennes stérilisées ?
Il n’existe actuellement aucun traitement naturel dont l’efficacité ait été scientifiquement démontrée pour traiter l’incontinence urinaire liée à une faiblesse du sphincter chez la chienne stérilisée. Les compléments alimentaires, les plantes ou l’homéopathie sont parfois proposés, mais les preuves de leur efficacité restent très limitées.
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Dois-je euthanasier mon chien âgé à cause de son incontinence ?
Dans la très grande majorité des cas, non. L’incontinence urinaire, à elle seule, ne constitue pas un motif d’euthanasie. Bien qu’elle puisse être contraignante au quotidien, elle est souvent contrôlable grâce à un traitement adapté et à quelques aménagements à la maison.
L’euthanasie ne peut être envisagée que lorsque plusieurs problèmes de santé sévères s’accumulent et que, malgré les traitements, le chien souffre ou ne bénéficie plus d’une qualité de vie satisfaisante.
L’incontinence urinaire chez le chien est donc un trouble fréquent, notamment chez les femelles stérilisées et les chiens âgés, mais elle ne doit jamais être considérée comme une conséquence normale du vieillissement. Les fuites urinaires peuvent avoir de nombreuses origines, d’où l’importance d’un diagnostic vétérinaire précis. Dans la plupart des cas, des traitements efficaces permettent de limiter, voire de supprimer les fuites et d’améliorer durablement la qualité de vie du chien comme de ses propriétaires. Une prise en charge précoce offre généralement les meilleurs résultats.
Vos questions fréquentes
La première étape consiste à consulter un vétérinaire afin d’identifier la cause des fuites urinaires. Selon le diagnostic, un traitement médicamenteux peut être prescrit, notamment en cas de faiblesse du sphincter urétral. Des mesures simples, comme des sorties plus fréquentes, un couchage absorbant et une bonne hygiène, permettent également d’améliorer le confort du chien au quotidien.
Oui, il existe des couches et des ceintures urinaires spécialement conçues pour les chiens mâles et femelles. Elles peuvent être utiles ponctuellement, notamment pendant les trajets ou la nuit. En revanche, elles ne traitent pas la cause de l’incontinence et doivent être changées régulièrement afin d’éviter les irritations cutanées et les infections.
Une augmentation de la consommation d’eau associée à des fuites urinaires peut être le signe d’une maladie comme le diabète, une insuffisance rénale, un syndrome de Cushing ou une infection urinaire. Il est important de consulter rapidement un vétérinaire. En attendant, ne limitez pas l’accès à l’eau, car cela pourrait aggraver l’état de santé de votre chien.
Sources :
- Fossum TW. Small Animal Surgery. 5th ed. St Louis: Elsevier; 2019.
- Johnston SA, Tobias KM. Veterinary Surgery: Small Animal. 2nd ed. St Louis: Elsevier; 2018.
- Forsee KM, Davis GJ, Mouat EE, Salmeri KR, Bastian RP. Evaluation of the prevalence of urinary incontinence in spayed female dogs. J Am Vet Med Assoc. 2013;242(7):959-962.
- Reichler IM. Gonadectomy in cats and dogs: a review of risks and benefits. Reprod Domest Anim. 2009;44(Suppl 2):29-35.
- Chew DJ, DiBartola SP, Schenck PA. Canine and Feline Nephrology and Urology. 2nd ed. Elsevier; 2011.
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Photos : 123RF
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