Claude Pacheteau

Chat koala : un exemple flagrant des dangers de l’hypertype

La sélection en matière de race féline et canine conduit à certaines dérives. Souvent pour répondre à une demande des acquéreurs qui veulent des animaux toujours plus « gros » - ou plus minuscules -, voire avec des singularités physiques. Le cas du ‘’chat koala’’ qui fait le buzz sur le Net en est l’illustration. L‘hyperype n’est pas sans conséquence sur la santé des animaux et sur leur bien-être.

La sélection canine et féline devrait répondre à des « règles » bien précises. Pour chaque race de chiens et chats existante, un standard leur correspond.

Ce texte officiel décrit ce vers quoi doit tendre un animal. Poids, hauteur au garrot, couleur de robe, etc. Tout y est mentionné en détail.

La sélection canine et féline ne s’improvise donc pas. Du moins dans l’idéal.

Car de tout temps, certains, souvent par appât du gain ou bien pour satisfaire la demande de futurs maîtres qui veulent un animal sortant du commun, se livrent à un travail de sélection allant contre nature.

Des animaux qui souffrent d’hypertype. Avec à la clé des problèmes de santé qui ne seront pas sans conséquence sur leur bien-être. Et qui pourront alors conduire les maîtres qui en font l’acquisition à être confrontés à des problèmes de santé plus ou moins lourds à gérer.

Le dernier exemple en date, et qui est tout à fait flagrant, est celui de ce chat aux allures de koala qui fait le buzz sur le Net.

Un chat qui est en fait à la base un siamois. Ce que confirme Catherine Bastide, directrice de la Fédération pour la gestion du Livre officiel des races félines (LOOF) et par ailleurs juge de race, dans un article diffusé sur le site sciencesetavenir.

« Dès qu’il y a de l’inconfort pour l’animal, il est question d’hypertype », explique Catherine Bastide.

Ce chat koala, du fait d’avoir de très grandes oreilles coure le risque d’avoir de ce fait des yeux trop petits.

« Le principal problème rencontré chez certains chats hyper typés, notamment les Persans, les Exotics et les Burmeses américains, est la brachycéphalie, c’est-à-dire des problèmes respiratoires dus au raccourcissement de la face », assure-t-elle encore.

Porter de l’intérêt à ce type d’animaux n’est donc pas leur rendre service.

 

Rottweiler royal : un exemple d’hypertype parmi d’autres chez le chien

A l’époque de la mode sur les molosses, dans les années 2000, et de la forte demande pour certaines races, nous pourrions évoquer le cas du « rottweiler royal ».

Un rottweiler avec un poids bien au-dessus de ce que préconisait le standard de race (50 kg pour le mâle contre 42 kg environ pour la femelle).

Le rottweiler royal n’avait aucune légitimité.

Mais il permettait alors à certains éleveurs d’écouler » des chiens hors standard.

Ou bien satisfaire la demande de maîtres cherchant à tout prix un rottweiler plus gros que les autres.

Des chiens qui avaient de grandes chances de souffrir de problèmes articulaires ou de dysplasie de la hanche. Une pathologie pour laquelle la race était déjà au départ prédisposée.

 

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Photos : Fotolia-DR