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Morsure ou griffure d’un chien ou chat : quels dangers ?

Morsure ou griffure d’un chien ou chat : quels dangers ?

Article publié le : 03/02/2020

Si elles paraissent souvent anodines, les morsures et griffures de chiens ou de chats sont de véritables enjeux tant pour la santé publique que pour la protection des personnes. Consultation d’un médecin, surveillance sanitaire et évaluation comportementale de l’animal par des professionnels : ces démarches sont impératives pour permettre de soigner les victimes, mais surtout de surveiller l’animal et le potentiel danger sanitaire ou comportemental qu’il représente.

I-CAD, la société en charge du Fichier National d’Identification des Animaux Carnivores Domestiques (chiens, chats, furets), présente les démarches à effectuer et rappelle l’impérieuse nécessité de l’identification des animaux, seule référence pour leur surveillance.

Morsure ou griffure d’un chien ou d’un chat : pourquoi les surveiller ?

Les chiens et les chats sont souvent porteurs de bactéries et autres microbes inoffensifs pour leurs espèces, mais qui peuvent s’avérer impactants pour l’homme.

Morsures ou simples griffures sont alors un terrain idéal de transmission pouvant parfois entraîner de lourdes conséquences : infections, maladies, séquelles esthétiques. Elles peuvent également être le symptôme, plus grave, d’un comportement dangereux chez l’animal.

Les morsures doivent être déclarées

Encadrées par la loi, les morsures doivent être déclarées et faire l’objet d’une surveillance. L’objectif : renforcer les mesures de prévention et de protection des populations, tant sur le plan sanitaire que sur celui de la dangerosité de l’animal.

Que faire ? Quelles sont les démarches obligatoires ?

La personne victime de la morsure ou de la griffure doit :

  • immédiatement consulter un médecin ou les urgences de l’hôpital le plus proche ;
  • éventuellement porter plainte si le préjudice le nécessite.

Le détenteur de l’animal mordeur ou griffeur doit :

  • déclarer la morsure auprès de la municipalité de son lieu de résidence ;
  • présenter l’animal à un vétérinaire pour lui faire suivre un parcours de surveillance ;

Ce parcours se déroulera en 3 visites sur une période de 15 jours. L’objectif : vérifier que l’animal n’est pas porteur de la rage.

A l’issue de ce parcours de surveillance, le professionnel émet un certificat qui atteste du fait que l’animal n’en est pas porteur. Ce certificat est remis au détenteur de l’animal, aux autorités concernées (police, mairie, ou préfecture) et aux victimes mordues.

Dans le cas (rare) où l’animal présenterait des symptômes de rage, celui-ci sera alors immédiatement placé sous quarantaine. 

A retenir

Si elle n’est actuellement pas présente sur le sol français, la rage est une zoonose (maladie contagieuse) mortelle pour l’homme, présente dans de nombreuses régions du monde.

Une évaluation comportementale par un vétérinaire habilité

Le détenteur de l’animal mordeur devra également soumettre ce dernier à une évaluation comportementale dans le délai des 15 jours de la mise sous surveillance. L’objectif : surveiller le niveau de dangerosité de l’animal. En effet, la morsure peut parfois être le signe d’un comportement dangereux.

L’animal devra alors suivre un parcours d’évaluation comportementale mené par un vétérinaire habilité, choisi par le propriétaire dans une liste départementale, qui déterminera le niveau de dangerosité de l’animal et en transmettra les résultats aux autorités concernées.

Quelles conséquences pour le maître et son animal ?

En fonction de cette évaluation, le maire ou le préfet pourront imposer au propriétaire ou au détenteur de l’animal de suivre une formation spécifique, portant sur le comportement et l’éducation du chien ou du chat ainsi que sur la prévention des accidents, afin d’obtenir l’attestation d’aptitude à la détention de cet animal.

Le maire peut également prescrire des mesures particulières (muselière et laisse obligatoire, installation de clôtures...)

Dans des cas particuliers, ils pourront également décider de placer l’animal dangereux en quarantaine.

A retenir

L’évaluation comportementale est obligatoire pour les chiens de catégories 1 et 2, dits dangereux et pour lesquels un permis de détention est obligatoire. 

Par ailleurs, il est conseillé au détenteur de l’animal de prendre contact avec son prestataire d’assurance responsabilité civile qui sera susceptible de prendre en charge les frais de cette surveillance, mais également les dommages provoqués par l’animal à la personne mordue. L’assurance responsabilité civile couvre les dommages causés à un tiers. Elle est différente de l’assurance santé animale. Cette dernière n’est pas obligatoire, mais elle permet d’être remboursé en cas d’accident et/ou de maladie du chien, chat, furet. Car les frais vétérinaires peuvent dans certains cas s’avérer coûteux et des traitements et un suivi à vie peut également être nécessaires.

Les mesures nécessaires afin d’éviter toute récidive devront être prises : promener l’animal en laisse, clôturer le jardin où l’espace dans lequel il se trouve… Etre attentif aux comportements de son animal et à d’éventuels changements. En cas de doute, il est recommandé de consulter un vétérinaire.

Si ces démarches semblent contraignantes, le suivi sanitaire et l’évaluation comportementale ont avant tout pour objectif de garantir et d’assurer la santé et la sécurité des populations en France.

 

L’identification de l’animal : une nécessité pour la surveillance

C’est sur la base de l’identification que la surveillance d’un animal, notamment suite à une morsure, ou que l’évaluation de son comportement sont possibles, puisqu’elle est l’unique référence qui permet d’attester de l’identité de l’animal et ainsi, des suivis et traitements qui lui ont été appliqués.

Obligatoire en France, l’identification concerne les chats, les chiens et les furets.

Seul lien officiel entre l’animal et son propriétaire, elle permet de :

donner une identité à l’animal et ainsi confirmer à qui il appartient ;

le faire voyager à l’étranger (obligatoire pour l’édition d’un passeport) ;

assurer la fiabilité et la mise à jour des informations et des soins qui lui sont dispensés par les professionnels ;

de le retrouver et de le récupérer plus rapidement en cas de perte lorsqu’il est hébergé en fourrière, ou s’il a été trouvé par un professionnel ou particulier ;

de faciliter toutes les démarches administratives et d’éviter les litiges.

Elle est également nécessaire à l’Etat pour :

assurer le suivi sanitaire, garantir la sécurité des populations, veiller au respect de l’environnement, suivre les importations, lutter contre le trafic et le vol grâce à la traçabilité de l’animal.

L’identification est avant tout le meilleur moyen de veiller à la protection et au bien-être l’animal.

 

SantéVet

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Photos : 123rf / shutterstock

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